A votre avis, quels sont les facteurs qui incitent les collaborateurs à modifier leur trajectoire de carrière depuis quelques années? 

D’abord, ceux-ci ont accès à davantage d’informations à propos de leur secteur économique et des opportunités qui s’y trouvent. Ainsi, les employés deviennent acteurs de leur carrière puisqu’ils ont toutes les cartes en main. Ensuite, je constate que les travailleurs jouissent de beaucoup de recul sur eux-mêmes, leurs valeurs ou leurs connaissances. Certains choisissent de se faire aider par des entreprises spécialisées dans les bilans de compétences, d’autres vont simplement se renseigner dans une librairie ou sur internet, mais la plupart ont eu une vraie prise de conscience à ce sujet. Grâce à cela, ils peuvent plus facilement se positionner sur le marché de l’emploi. Enfin, les exigences globales des employeurs ont évolué. Aujourd’hui, on demande aux employés d’être proactifs, créatifs et flexibles. Par conséquent, il est normal qu’ils appliquent aussi ces recettes à eux-mêmes. Tout cela sans oublier que la mobilité est dans l’air du temps et qu’elle encourage autant les déplacements de postes de travail que les réorientations.

Les employés sont-ils moins loyaux? 

Je ne pense pas qu’ils soient moins loyaux. Mais la loyauté implique sûrement davantage un investissement complet dans son travail, qu’un investissement sur une très longue durée. Le seul point négatif pour le collaborateur pourrait être qu’il se perde en chemin. De trop nombreux postes, des réorientations successives sans vraiment de conviction ou simplement l’absence de possibilité de se projeter dans son avenir professionnel, sont les risques de cette nouvelle manière d’aborder sa carrière. 

Pour ne pas se perdre dans un zapping ­professionnel, quelle notion faudrait-il ­garder en tête? 

Sans hésiter, celle des valeurs. Il est nécessaire que la vision de l’entreprise intégrée corresponde au mieux aux attentes du collaborateur. C’est le seul moyen de s’épanouir ensuite dans son environnement professionnel. Mon conseil est donc, dans un premier temps de verbaliser ses propres valeurs puis de rechercher un secteur et une société compatibles. A ce sujet, des progrès peuvent encore être faits par de nombreuses entreprises pour communiquer clairement leurs valeurs.