On le dit souvent sous-représenté au niveau national, voire oublié. Seul canton à majorité italophone, le Tessin n’accueille que quatre pour cent de la population helvétique. Et pourtant, il se distingue de plus en plus par la qualité et le dynamisme de son milieu académique.
 

Une nécessité pour se démarquer d’autres pôles de formations de notre pays, comme l’arc lémanique ou la région zurichoise.
 

L’exemple le plus parlant est universitaire. Les deux campus de Lugano et Mendrisio accueillent près de 3000 étudiants, dans des facultés sont résolument modernes: communication, économie, informatique et architecture.

C’est d’ailleurs pour ces deux derniers cursus que le canton est le plus connu et reconnu. En se penchant sur les statistiques de l’université, on s’aperçoit que seulement 26% des étudiants sont Tessinois.

Les autres? Des Suisses d’autres cantons (7%), des Italiens (46%) et finalement des étudiants en provenance d’autres pays (21%). Cette dernière catégorie d’inscrits prouve bien que le canton s’est fait une solide réputation au-delà de ses alentours directs.

Mais la ville de Lugano accueille également une faculté de théologie et une université privée, qui fait office de passerelle du monde académique entre les Etats-Unis et l’Europe. Encore un signe de la forte portée internationale des formations en Suisse italienne.

Un bouillonnement

Cela dit, l’université n’est pas le seul pôle pédagogique d’attraction. Alors que la formation professionnelle est de plus en plus valorisée en Suisse, le Tessin a aussi une offre très riche en la matière. On dénombre plus de 30 cursus à travers le canton, mais également de nombreuses formations continues, dans des domaines techniques comme artistiques.

Avec autant d’entités formatrices, concentrées dans un bassin de population réduit (350 000 habitants), il n’est pas surprenant de constater que de nombreuses autres entités entourent ce milieu formateur.

En effet, il serait dommage de voir ensuite tous les cerveaux partir ailleurs. Ainsi, c’est tout un écosystème qui s’est mis en place.


On retrouve ainsi un pôle d’innovation et de start-up et de nombreux instituts de recherche dans des domaines extrêmement pointus.
 

Souvent, le canton a même été précurseur en la matière. C’est le cas de l’intelligence artificielle, sur laquelle on travaille depuis 1988. On retrouve également des centres de recherches en biomédecine et en énergies solaires. Faut-il y voir une explication au rayonnement tessinois en matière de formation? Sans doute.