L’après-décrochage scolaire implique l’investissement des professionnels de l’éducation, de l’accompagnement thérapeutique ainsi que des familles.

L’après-décrochage en début de scolarité

Si la rupture scolaire intervient au tout début du cycle d’orientation, il y a de grandes chances que l’enfant ait besoin d’un accompagnement thérapeutique bienveillant ainsi qu’un environnement favorable à son épanouissement.

L’expérience montre que l’école à la maison – avec toutes les infrastructures et compétences installées à la maison, ainsi que les compétences des intervenants validées par les instances officielles – et les structures scolaires dites «familiales» (en très petit nombre), sont une excellente solution pour rendre l’enfant serein et lui donner les outils de son apprentissage intérieur, à savoir la confiance, l’estime de soi et une image intérieure positive, car un apprentissage scolaire réussi ne peut se concevoir sans cette sérénité intérieure.

L’après-décrochage durant les trois ans de secondaire obligatoire

Le suivi des jeunes adolescents sera réalisé en tenant compte du besoin d’autonomisation que nous appelons «autonomisation contradictoire ». En effet, le jeune ado a besoin de créer des liens hors circuit familial mais en même temps il reste proche de son parent confident.

La situation scolaire est d’autant plus compliquée que le jeune lui-même vit une période mouvementée intérieurement. Un accompagnateur scolaire bienveillant et porté sur l’écoute active du jeune sera de mise.

Il sera question également de l’orientation de l’élève en fin de scolarité obligatoire. La relation d’écoute sera primordiale pour faire émerger les ressources cachées du jeune et lui donner motivation et espoir en l’avenir.

L’après-décrochage scolaire du jeune gymnasien ou de l’apprenti

C’est une situation récurrente, certains élèves du gymnase en préparation de la maturité ou les apprentis peuvent être confrontés au décrochage scolaire. Il y aura lieu de créer un lien de confiance avec un coach thérapeute et/ou avec un psychothérapeute.

Dans le premier cas le coach est formé pour répondre aux besoins du jeune. La relation sera proactive. Le professionnel  travaillera tant sur les ressources du jeune que sur des actions d’orientation et de contacts aux fins de redonner motivation et estime de soi souvent dégradées dans ces moments.

Le psychothérapeute aura une fonction d’écoute et de veille sur l’élève. Il prendra en compte ses souffrances et l’accompagnera dans la résolution de celles-ci. Bien sûr, les deux professionnels sont complémentaires, voire conseillés.

L’orientation scolaire de l’adolescent après un décrochage

Lorsqu’un jeune entrant en première secondaire ou durant sa scolarité secondaire obligatoire vient à décrocher, il est nécessaire de se poser la question de l’orientation. Le premier paramètre à prendre en compte est la compétence intellectuelle du jeune.

Il y a lieu de distinguer un élève en difficultés d’apprentissage, voire en situation de handicap, avec un jeune doué d’une capacité normale, voire «HP». L’orientation s’effectuera alors vers des établissements adaptés sachant que dans nombre de cas, l’école à la maison ou les structures scolaires familiales seront privilégiées comme énoncé plus haut.

Il est à noter que dans certains cas la rupture scolaire est due à des incapacités à se connecter au format scolaire. L’élève vit dans son monde dont les repères sont diamétralement opposés au système. Ces repères sont:

  • le type de sensibilité et la réceptivité au monde environnant;
  • la manière de raisonner, d’associer et de déduire, en lien avec les capacités de connexion aux apprentissages;
  • les ancrages personnels et les résistances au format scolaire traditionnel.

L’orientation de ce type d’élève relève du défi. La personne référente saura se montrer flexible, ouverte, bienveillante et permissive dans son langage, afin d’aller chercher les informations inconscientes du jeune et progressivement faire émerger en lui un modèle dont les contours deviendront de plus en plus nets. Modèle social, professionnel et modèle de vie.

L’orientation scolaire du gymnasien et de l’apprenti

Réorienter un jeune consiste en une écoute des besoins. La maturité d’un jeune ayant terminé sa scolarité obligatoire lui permet, si ce n’est de trouver sa voie, de savoir ce qu’il n’aime pas. La difficulté sera davantage dans l’organisation de structures innovantes afin de lui faire découvrir de nouveaux horizons. Les référents devront faire preuve de patience et de compréhension tout en restant ferme dans les cadres de vie.


En conclusion, un élève qui vit une rupture scolaire demande inconsciemment à son entourage à l’aide, et de l’aide, afin de réveiller en lui les forces créatrices sous-jacentes, qui lui permettront plus tard de s’exprimer et de vivre comme tout le monde.