Il est grand temps d’affirmer que la guerre dite «des talents» est terminée. Celui qui la choisit comme base pour son développement du personnel oriente son regard avant tout vers l’extérieur et néglige tout talent déjà disponible dans l’entreprise.

L’avenir du travail sera de plus en plus axé sur la collaboration et les échanges plutôt que sur des acteurs superperformants.

Les firmes innovantes vivent déjà ce principe, notamment en encourageant de manière délibérée les groupes hétérogènes, en laissant travailler des jeunes professionnels avec des employés plus âgés et ainsi à trouver des solutions, que quasi aucun talent n’aurait pu trouver seul.

Si nous voulons affronter le problème déjà existant et inévitable du manque de personnel qualifié dans les années à venir, un changement de perspective – sur les talents disponibles mais peut-être pas encore assez développés à l’intérieur des entreprises, devient incontournable.

La formation continue porte ici un rôle décisif car la génération montante devient de plus en plus rare et aussi parce que le marché du travail étranger, en tant que bassin de recrutement pour les Suisses, se resserre de plus en plus.

Par le passé, nous avons souvent laissé les coûts liés à la formation pour de jeunes talents à la charge de l’étranger. Cette situation avantageuse pour les entreprises suisses ne pourra plus continuer.

La formation et surtout la formation continue, des collaborateurs plus âgés ainsi que des personnes qui souhaitent réintégrer le marché du travail ou qui doivent changer de domaine professionnel, doit devenir partie intégrante du développement du personnel.

La formation continue ne doit pas être considérée comme un coût par les entreprises, mais comme un investissement qui au final est aussi gage de compétitivité.