Que dire de l’égalité dans la formation en Suisse?

La parité est une réalité dans les universités notamment. Ces vingt dernières années, plusieurs filières se sont féminisées, à l’image du droit ou de la médecine. En sciences humaines, le nombre d’étudiantes dépasse même celui des étudiants.

Les résultats sont plus contrastés dans les filières techniques, en particulier dans le domaine informatique. Les stéréotypes restent très ancrés. Dans le domaine de l'apprentissage, des professions, comme assistants dentaires ou médicales par exemple, demeurent exclusivement féminines.

Comment expliquer cela?

La société en général véhicule des idées stéréotypées de ce que sont les comportements féminins ou masculins.

Ainsi, les garçons anticipent leur futur rôle de soutien de famille au moment de décider de leur profession, alors que les filles choisissent des métiers qui peuvent être exercés à temps partiel.

Cela consolide l’inégalité dans l’univers professionnel ainsi que le déséquilibre dans la répartition du travail rémunéré et non rémunéré – notamment les tâches domestiques – entre hommes et femmes.

Les salariées du secteur privé gagnent en effet en moyenne 21,3% de moins que leurs collègues masculins. Pourquoi?

Les domaines de prédilection des femmes, moins valorisés, sont moins bien payés que ceux des hommes. Par ailleurs, les femmes sont encore sous-représentées dans les fonctions hautement qualifiées et aux postes de direction. Enfin, une part de l’écart salarial est discriminatoire.

Retrouve-t-on également des inégalités au sein du couple?

«Les femmes sont encore sous-représentées dans les fonctions hautement qualifiées et aux postes de direction»

Nous vivons dans une société qui estime que faire des enfants, c’est surtout l’affaire des femmes. Et ce sont effectivement très souvent ces dernières qui sacrifient leurs carrières.

Après la naissance d’un enfant, le mari continue souvent à travailler à plein temps quand son épouse réduit son activité ou la stoppe provisoirement, voire définitivement.

Que faire pour réduire ces inégalités?

Au niveau des salaires, il convient de faire respecter le cadre légal. L’égalité salariale est pourtant inscrite dans une loi depuis 1996. Le rôle de notre Bureau est de sensibiliser les entreprises, en les aidant à mettre en place des bonnes pratiques.

Il est également important de travailler auprès des plus jeunes. Par exemple, chaque année, la journée «Oser tous les métiers», destinée aux élèves de la 7e à la 9e année, vise à favoriser le décloisonnement des rôles et des métiers entre les sexes.

Les filles et les garçons sont invité-e-s à accompagner un adulte de sexe opposé dans sa journée de travail. C’est une manière, parmi d’autres, de faire évoluer les mentalités.