Les entreprises deviennent très exigeantes en matière de qualifications. Comment expliquez-vous cela ?

La principale raison relève, à mon sens, de la concurrence internationale et de l’accélération du système économique mondial, notamment dans les secteurs de pointe. Nos entreprises ont besoin de collaborateurs bien formés, quels que soient leurs niveaux hiérarchiques et la fonction assumée. 

Les recruteurs suisses et chasseurs de têtes font souvent appel à la main d’œuvre étrangère? Doit-on en déduire qu’elle est mieux formée, plus qualifiée ?

Le système de formation suisse prépare très bien au monde du travail. Il est réputé pour son sérieux. Néanmoins, certains secteurs souffrent d’un manque de personnel spécialisé sur le marché. C’est une lacune quantitative et non qualitative. Cependant, des solutions existent.

Vous voulez parler de la formation continue ?

Effectivement, et nous devons poursuivre nos efforts dans ce sens. Les chefs d’entreprises et les associations professionnelles ont un rôle important à jouer: promouvoir la formation continue et développer le réflexe d’acquisition de nouvelles compétences tout au long d’une carrière, que l’on soit cadre ou collaborateur subalterne. La formation continue a un impact significatif sur l’employabilité. Elle permet d’établir ou de consolider des étapes intermédiaires qualifiantes entre les différents niveaux de diplômes. 

Quels sont les secteurs d’activité concernés ?

Tous, mais plus particulièrement les secteurs en lien avec l’innovation.

Comment voyez-vous l’avenir de la formation en Suisse ?

Si la Suisse veut conserver ses talents et sa place sur les plus hautes marches de la performance, elle doit mobiliser ses ressources et créer des passerelles efficientes entre les formations de bases et l’accès aux cursus supérieurs ou spécialisés.