Depuis une vingtaine d’années, les entreprises ont découvert qu’elles pouvaient, grâce au consulting, compter sur des cadres de haut vol pour des missions plus ou moins longues. En Suisse, les multinationales misent de plus en plus sur ce type de collaborations car les mandatés offrent à la fois la flexibilité et la garantie d’un travail de qualité. 

C’est du donnant-donnant

Faire appel à des mandats courts auprès de cabinets de management de transition réservés aux cadres est une aubaine pour les entreprises. Surtout lorsqu’il s’agit de cadres qui ont choisi de rester indépendants, ne faisant pas peser sur l’employeur la menace d’un départ soudain pour un emploi fixe ou même l’espoir de rester en poste après l’échéance du mandat. 

Nouvelle niche du marché des cadres

Depuis une dizaine d’années, le cabinet Finders, déjà reconnu sur le marché pour sa division recrutement, s’est lancé sur une nouvelle niche du marché des cadres: le «management de transition», le consulting réservé au top managers (DRH, Responsable de projet ponctuel RH). Pour une fusion, le remplacement d’un membre de la direction ou une «gestion de crise», on dépêche un pro, pour six mois ou pour un an, dont l’entreprise cliente n’aura pas à s’embarrasser pour la gestion du quotidien. 

Le mauvais rôle?

Faire venir un juriste ou un DRH extérieurs pour mener un plan social permet de ne «griller» personne. «Lors de nos mandats, le climat peut être lourd, témoigne Evelyne Genoud, l’avantage est que le consultant a un regard
distancié, dénué d’affectif. On ne craint pas un licenciement puisqu’on est là pour une mission donnée, on ne craint pas de dire ce qu’on pense car on est là pour ça. Mais il y a un prix à payer car les missions de management de transition sont presque des missions diplomatiques; sur le plan nerveux et personnel, c’est très difficile, il faut avoir de solides compétences pour s’adapter immédiatement et délivrer la solution «miracle» espérée au plus vite!» 

Un métier en plein essor

Déjà répandu en Grande-Bretagne, le management de transition reste en Suisse un micromarché qui est toutefois en plein essor. L’intérim des cadres et des managers devrait donc continuer à se développer et si le «top-intérimaire» ne fait pas le lit de la stabilité, il va au moins permettre de bousculer les mentalités, notamment en ce qui concerne les carrières des cadres femmes qui souhaitent conserver une vie de famille tout en travaillant ponctuellement.