* Antonio Rubino, secrétaire général du groupement suisse de l’industrie.

Pourquoi vous impliquez-vous dans l’organisation d’un concours de métiers?

On veut montrer que les métiers de l’industrie sont modernes, qu’ils utilisent des instruments et des techniques d’avant-garde qui font appel à l’informatique, aux maths et à beaucoup de digitalisation. On cherche à dépoussiérer l’image d’un métier très manuel.

Ce type d’événements facilite l’entrée sur le marché du travail?

Cela prépare les jeunes à travailler sous stress, c’est donc une bonne expérience. Cela leur permet d’acquérir plus d’assurance dans les gestes. L’exemple de l’épreuve des polymécaniciens est révélateur: il faut fraiser et tourner différentes pièces pour créer un ensemble dans un temps très court. Si on rate une pièce, c’est toute la chaîne de montage qui plante.

Quelles sont les qualités que ces jeunes développent?

Ils sont forcés d’aller à l’essentiel pour trouver la solution très vite tout en faisant preuve d’inventivité. Ils mettent en pratique leurs ressources de manière créative. C’est une expérience qui plaît beaucoup aux jeunes: une fois terminée tout le monde a le sentiment que ça valait vraiment la peine de s’entraîner autant d’heures.
 

* Pascal Foschia, chef du service formation pour la fédération vaudoise des entrepreneurs.

Pourquoi vous impliquez-vous dans l'organisation d’un concours de métiers ?

On souhaite valoriser, par cet événement et auprès du grand public, les professions de la construction, car on a souvent l’impression que tout semble facile, que chacun peut s’approprier ces métiers manuels de manière aisée. Mais ces professions comme la maçonnerie (gros œuvre), la peinture (second œuvre) par exemple ce sont avant tout, des métiers techniques, des gestes précis et tout un savoir-faire. A travers ces concours, les jeunes peuvent réaliser l’importance des connaissances et des techniques à acquérir.

Ce type d'événements facilite l'entrée sur le marché du travail ?

Cela permet au moins de s’approprier l’univers du métier bien que l’environnement des concours est assez loin des réalités d’un chantier. Cela permet tout de même au jeune public d’ouvrir les yeux sur une partie de l’activité, c’est une bonne approche interactive, de surcroît.

Quelles sont les qualités que ces jeunes développent ?

Ils apprennent à gérer leur stress et leurs émotions. C’est une belle aventure humaine, ils sont plusieurs dans le même « bateau », ils sont fiers d’être  les ambassadeurs de leur corporation, le temps de  quelques jours. Ensemble ils se soutiennent, trouvent des solutions. En plus du savoir-faire ils apprennent aussi les règles du savoir-être.
 

* Yves Girard, directeur de l’association des boulangers pâtissiers et confiseurs vaudois.

Pourquoi vous impliquez-vous dans l’organisation d’un concours de métiers?

Ce concours existe depuis 30 ans mais en interne, pour inciter les apprentis à devenir encore plus créatifs. Mais quelle image on peut donner d’un concours en interne? Si on veut montrer la créativité de nos métiers, on doit le faire face au public. On veut rendre visible le savoir-faire de nos apprentis.

Ce type d’événements facilite l’entrée sur le marché du travail?

On veut montrer aux jeunes une réalité de l’activité sans tomber dans le piège des téléréalités. On essaye de calquer le concours sur des thèmes de passage des examens d’apprentissage pour que les épreuves soient liées au plan de formation et à des compétences que les candidats doivent maîtriser à la fin de leur formation. C’est donc très utile.

Quelles sont les qualités que ces jeunes développent?

Ils maîtrisent leur stress dans des moments où l’on demande créativité et précision alors qu’ils sont sous pression face au public. Tous les candidats sont souvent ceux que l’on va retrouver en tête des examens d’apprentissage ou des concours.