Le succès économique de la Suisse tient à plusieurs raisons: stabilité politique, finances publiques saines, conditions cadres favorisant l’esprit d’entreprise et internationalisation poussée. Aucun de ces facteurs ne déploierait des effets positifs si les entreprises ne pouvaient pas compter sur des collaborateurs engagés et bien formés. C’est dans le travail, et en particulier dans le travail qualifié, que se situe la source essentielle de la prospérité de notre pays. Du fait qu’indépendamment de la force hydraulique et de beaux paysages, nous ne disposons pas de ressources naturelles, nous devons travailler avec assiduité et créativité pour produire de la valeur ajoutée sur les marchés des biens et services. Une bonne gestion des ressources en personnel et leur affectation optimale revêtent une importance centrale pour la place économique suisse. Ces éléments sont de plus en plus déterminants car les entreprises établies dans le pays ne peuvent couvrir leurs coûts de travail élevés que par une création de valeur correspondante. Cela nécessite une grande force d’innovation et ne laisse aucune place aux périodes creuses improductives. 

Grâce à un excellent système de formation et à un marché du travail souple et ouvert en direction de l’UE, la disponibilité de travailleurs qualifiés en Suisse est aujourd’hui largement garantie. Si nous voulons qu’il en soit toujours ainsi à l’avenir, nous devrons déployer de gros efforts à double titre: premièrement, les qualifications professionnelles devront suivre le rythme fulgurant des mutations technologiques et deuxièmement, les déficits en personnel au niveau de l’offre, liés à l’évolution démographique, devront être comblés. Un défi que les employeurs, les travailleurs, les instituts de formation publics et la société devront relever en commun. C’est de leur engagement sur les différents aspects de la formation, de leur mobilité dans les mutations structurelles et de leur soutien à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale que dépendra l’aptitude de l’économie suisse à disposer encore à l’avenir de la main-d’œuvre qui lui permettra de «produire» la prospérité de notre pays.